En 2026, la rénovation énergétique en copropriété s’impose comme un sujet central pour les syndics et les copropriétaires. Hausse du coût de l’énergie, nouvelles exigences réglementaires, valorisation du patrimoine : les raisons d’agir sont nombreuses.
Dans ce contexte, de plus en plus de copropriétés s’engagent dans des projets de rénovation globale.
Pourquoi rénover une copropriété ?
Rénover énergétiquement un immeuble, ce n’est pas seulement réduire son impact environnemental. C’est aussi améliorer concrètement le quotidien des habitants et mieux préparer l’avenir du bâtiment.
Les principaux bénéfices
Les bénéfices sont multiples, à la fois pour les occupants et pour la valeur du bien :
- baisse des consommations d’énergie ;
- réduction des charges de chauffage ;
- amélioration du confort thermique ;
- valorisation des logements ;
- meilleure attractivité à la vente ou à la location.
Dans la plupart des cas, les travaux concernent l’isolation, le chauffage collectif, la production d’eau chaude sanitaire ou la ventilation.
Rénovation énergétique : est-ce obligatoire en copropriété ?
La rénovation énergétique n’est pas systématiquement obligatoire en copropriété. En revanche, les copropriétés doivent de plus en plus anticiper leurs besoins à travers des outils comme les diagnostics énergétiques, le plan pluriannuel de travaux ou le fonds travaux.
Pour bénéficier de MaPrimeRénov’ Copropriété, une évaluation énergétique est nécessaire, et la copropriété doit être immatriculée au registre national des copropriétés

Les étapes clés d’un projet de rénovation énergétique en copropriété
1. Préparer le projet
Avant toute chose, le syndic et le conseil syndical doivent réunir les informations utiles : consommations énergétiques, historique des travaux, état général de l’immeuble, attentes des copropriétaires.
2. Réaliser un diagnostic énergétique
Cette étape permet d’identifier les points faibles du bâtiment et de hiérarchiser les interventions. Dans le cadre des aides, une évaluation énergétique est indispensable et permet de mesurer le gain attendu après travaux
3. Définir un programme de travaux
Une fois le diagnostic réalisé, le syndicat des copropriétaires mandate un maître d’œuvre (architecte ou bureau d’études). Son rôle est de transformer les intentions en projet technique concret. Il étudie 3 scénarios : bouquet de travaux ciblés (peu financé par des aides), un scénario dit BBC (gain énergétique), et une rénovation globale (scénario le plus abouti). Il constitue le dossier de consultation des entreprises pour chiffrer chacun des scénarios.
4. Le plan de financement
C’est l’étape la plus technique. Une fois les devis d’entreprises reçus, un expert (souvent une AMO – Assistance à Maîtrise d’Ouvrage) calcule le montage financier.
C’est à ce moment qu’intervient le calcul des subventions, des primes complémentaires et des éventuels prêts collectifs ou individuels. Le montage financier doit intégrer la quote-part de chaque copropriétaire, les aides collectives et les aides individuelles mobilisables.
5. Faire voter les travaux en assemblée générale
Les travaux de rénovation énergétique sur les parties communes doivent être inscrits à l’ordre du jour de l’assemblée générale et votés selon les règles prévues par la copropriété.
MaPrimeRénov’ Copropriété : l’aide centrale en 2026
Pour accompagner ces projets, l’État propose plusieurs dispositifs, dont le principal reste MaPrimeRénov’ Copropriété. Ce dispositif permet de financer une partie des travaux réalisés sur les parties communes. La demande est portée par le syndic
Quelles conditions en 2026 ?
- gain énergétique minimum de 35 % ;
- copropriété immatriculée
Quels montants ?
- 30 % du coût des travaux (gain ≥ 35 %) ;
- 45 % (gain ≥ 50 %) ;
- plafond de 25 000 € par logement
Des bonus existent pour les copropriétés fragiles ou les immeubles sortant du statut de passoire énergétique.
Bon à savoir
L’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) est obligatoire pour bénéficier de MaPrimeRénov’ Copropriété. Elle accompagne la copropriété dans toutes les étapes du projet et peut être partiellement financée
Quelles aides complémentaires peuvent être mobilisées
En complément de MaPrimeRénov’, plusieurs dispositifs peuvent être mobilisés pour alléger le coût des travaux et faciliter le financement du projet :
- Les certificats d’économies d’énergie (CEE)
Ce dispositif oblige les fournisseurs d’énergie à encourager les économies d’énergie. Concrètement, ils peuvent financer une partie des travaux sous forme de primes. Le montant varie selon les opérations réalisées et les caractéristiques de la copropriété
- L’éco-prêt à taux zéro copropriété (éco-PTZ)
Il s’agit d’un prêt collectif sans intérêts, accordé au syndicat des copropriétaires, pour financer des travaux de rénovation énergétique. Il permet d’étaler le reste à charge sur plusieurs années, sans coût de financement supplémentaire.
- La TVA à taux réduit
Certains travaux de rénovation énergétique bénéficient d’une TVA réduite à 5,5 %, ce qui diminue directement le coût global du chantier. D’autres travaux d’amélioration peuvent être soumis à un taux intermédiaire de 10 %.
- Les aides locales
Certaines collectivités (régions, départements, métropoles) proposent des subventions complémentaires. Elles varient selon les territoires et peuvent renforcer significativement le plan de financement.
Ce qui change en 2026
Le guide des aides 2026 précise plusieurs évolutions à connaître.
Des règles maintenues sur MaPrimeRénov’
La réouverture du guichet des aides de l’Anah intervient avec la promulgation de la loi de finances 2026, et les règles d’éligibilité ainsi que les taux de financement restent inchangés pour les parcours concernés
Des équipements fossiles de moins en moins soutenus
Depuis le 1er janvier 2025, l’installation de chaudières à gaz n’est plus financée dans MaPrimeRénov’ Copropriété. Une période transitoire existe toutefois : jusqu’au 31 décembre 2026, leur installation ou renouvellement peut encore être intégré dans le calcul du gain énergétique pour les dossiers déposés, mais leur coût n’est pas financé
Une logique plus forte de rénovation performante
Les aides publiques privilégient de plus en plus les projets cohérents, avec un véritable gain énergétique à la clé. L’objectif n’est plus seulement de multiplier les gestes isolés, mais d’encourager des rénovations capables d’améliorer durablement la performance de l’immeuble.
Ce qu’il faut retenir
La rénovation énergétique en copropriété est aujourd’hui un levier essentiel pour réduire les charges, améliorer le confort et valoriser un bien immobilier.
Avec les aides disponibles en 2026, il est possible de structurer un projet collectif et d’en maîtriser le coût, à condition d’anticiper et de bien se faire accompagner.




